Cette statue en bois sculptée, autrefois polychrome, représente un « homme sauvage », avec tous ses attributs caractéristiques : barbu, il porte ses cheveux longs et est couvert de poils, ceint d’une guirlande de chêne, et tient dans son bras gauche un tronc d’arbre.
Il s’agit de l’enseigne d’une hôtellerie appelée « zum wilden Mann » (« au Sauvage ») qui a donné son nom à la rue du Sauvage ou « Wildemannstrasse » exploitée entre 1625 environ et jusqu’en 1870 par la famille Blech, à l’emplacement d’une auberge plus ancienne (au moins depuis 1499). Elle a donné son nom à la rue du Sauvage, artère principale de Mulhouse, allant aujourd’hui de la place Porte Jeune à la Porte de Bâle.
À une époque où les trajets sont très longs, les établissements qui accueillent les voyageurs pour se reposer sont des lieux importants dans une ville. Installés à proximité des lieux de passage, ils sont pourvus d’un écriteau pour qu’on les remarque de loin. Avec l’apparition des guides pour les voyageurs au XVIIe siècle, il est en outre important de pouvoir reconnaître une hôtellerie conseillée.
Reflet d’une idée, le sujet de l’enseigne n’est pas choisi au hasard. « L’homme sauvage » représenté ici est une figure ancienne et ambivalente, très populaire à partir du XIVe siècle. Il représente le lien entre l’homme et la nature, associé à un mode de vie primitif, valorisé ou non selon les cas. Très présent dans les fêtes agro-pastorales, il est typique des Carnavals depuis le Moyen-Âge (exemple : Wild Maa à Bâle, emblème de la corporation des vignerons et paysans).


En savoir plus :
Enseigne en bois sculpté de l’hôtel du Sauvage, inv. 1068, don Émile et Marie Weber, 1897.
Visible au musée historique, situé dans l’hôtel de ville, place de la Réunion
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