Le Klapperstein

Le mot « Klapperstein » serait formé du verbe allemand « Klappern », c’est-à-dire « claquer, caqueter, bavarder » et du mot « Stein » qui signifie « pierre ».
Le Klapperstein fait partie ce qu’on appelle les « pierres de justice ». Elles sont portées au Moyen-Âge, en France, mais aussi en Allemagne, dans les Flandres et dans certains pays scandinaves. Les condamnés – essentiellement des femmes (suivant un préjugé qui existait déjà au Moyen-Âge, arguant que les femmes sont plus bavardes que les hommes), mais également des hommes -, devaient porter une pancarte décrivant le crime et le Klapperstein et réaliser un tour de la ville, en chemise, sur un âne, un jour de marché.  


Le Klapperstein de Mulhouse est la plus typique de ces pierres de justice : elle est sculptée en forme de tête de femme et tire la langue, à l’origine un cadenas était fixé au bout de la langue, avec un poids de 12kg environ. Le Klapperstein était probablement conservé dans la chambre de torture, derrière l’Hôtel de Ville.
À Mulhouse, la dernière condamnée fut la dame Vogel, en 1781, pour avoir employé une expression outrageante à l’adresse de Grand Conseil. Ce type de jugement fut abandonné en 1798, au moment de la Réunion de Mulhouse à la France. Le Klapperstein est alors jeté. Il a été rendu à la Ville en 1845 par J. Brang, maître maçon, dont le père l’avait trouvé et conservé. Il est alors suspendu à la façade de l’hôtel de ville, remplacé par une copie en 1911 : l’original étant visible au musée historique, à l’intérieur de l’hôtel de Ville.

En savoir plus :
Klapperstein, inv. 2413, don J. Brang, entré au musée historique en 1911.

Visible au Musée historique, place de la Réunion
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